Comme nous l'avons vu précédemment, l'objectif de toute greffe est que celle-ci dure le plus longtemps possible et pour cela tout dépend de l'état du greffon, qui va lui même dépendre du comportement de l'organisme receveur à son égard. Ainsi, la connaissance des différentes réponses de l'organisme à une greffe, que ce soit sur le plan immunologique avec le rejet ou chirurgical, permet aux médecins d'anticiper et de prévenir ces lésions, susceptibles d'atteindre l'organe, par le biais d'une médicamentation adaptée capable de protéger le transplant rénal et la vie de la personne transplantée. C'est d'ailleurs grâce à la connaissance et à la maîtrise des principales complications post-greffe que cette technique a pu prendre son essor, devenir prospère et enfin sauver des vies. 

Par ailleurs, nous avons vu que certaines réactions comme le rejet du greffon sont inéluctables si le patient n'est pas sous traitement immunosuppresseur, d'où la nécessité de ne pas négliger ce type de traitement si l'on veut que l'organe survive. En effet, nous avons également démontré qu'il existait plusieurs types de rejet à court, moyen et long terme : la différenciation de ces rejets est donc un critère essentiel que les médecins doivent prendre en compte dans l'élaboration de leur démarche thérapeutique, pour garantir la survie du greffon tout au long de la durée de greffe et donc aussi de la personne transplantée. Enfin, tous les types de réaction que nous avons évoqués au cours de notre étude, que ce soit de la réaction immunologique à la réaction chirurgicale, sont importantes à prendre en compte pour établir le traitement qui sera capable de conserver la greffe.

Même si le succès que connaît aujourd'hui la transplantation rénale semble évident et indiscutable sur le plan médical, la réussite de cette pratique ne relève pas uniquement de l'acceptation du greffon par un corps. Les principes éthiques établis ont aussi leur part de responsabilité dans la reconnaissance de cette technique.

En France, pays libre et démocratique, nous avons remarqué qu'il y avait un certain nombre de lois pour cadrer le prélèvement et l'utilisation des organes  dans le cas d'une greffe. Cela ne s'explique que par le fait que la greffe est avant tout un problème moral, car elle met en jeu des idéaux qui donnent du sens à notre vie ou des règles qu’on se sent obligés de respecter (religions, valeurs, principes). Ce cadre législatif est alors important car il permet de fixer des limites pour éviter toutes dérives pouvant mener à l'échec d'une transplantation.

Nous avons vu que l'une d'entre elles concernait l'état psychologique du receveur : tout le monde ne possède pas la force mentale nécessaire à l'accueil d'une partie d'un autre être, surtout lorsqu'il s'agit d'une partie d'un cadavre. Il est alors primordial de prendre en compte l'aspect psychologique du receveur afin d'établir si celui-ci est prêt ou pas moralement à la greffe. Si son cerveau ne s'est pas fait à l'idée alors il y a peu de chances pour que son corps, lui, le soit, ce qui ne le met pas alors dans de bonnes conditions de réussite de greffe.  

De plus, les discussions que le don d'organes suscite touchent de très près les grands domaines sacrés tels que la vie, la mort, la "renaissance" en quelque sorte, la générosité, la solidarité, le don de soi et le don de l'autre. C'est pourquoi il est sensé que les croyances du patient constituent des critères indispensables à prendre en compte, dans un pays qui prône la liberté de culte et de pensée. Ces critères s'établissent du côté du donneur comme de celui-du receveur car la définition même de la greffe renvoie à la citation suivante : «soigner l’homme par l’homme». La bioéthique et les règles auxquelles sont soumis les professionnels de santé sont donc importantes car elles permettent de garantir l'accès aux soins à tous, peu importe la religion ou la culture du patient. 

En outre, certains autres grands principes autour du don d'organes sont primordiaux dans la réussite de la transplantation, notamment le geste gratuit du don, le respect de l'anonymat, et le volontariat.

Ainsi, ces grands principes posés par les lois de bioéthique sont indispensables à respecter lors d'une greffe de rein afin que le patient ait confiance en le système et qu'il se sente à l'abri de toute transgression. Il est essentiel de garantir cette confiance aux patients pour que la greffe se déroule dans les meilleures conditions possibles. 

Enfin, les mesures prises lors d'une transplantation rénale en matière de bioéthique sont capitales car elles permettent au patient de ressentir que l’intérêt de l’être humain, notamment du plus vulnérable, prévaut sur l’intérêt de la science. C'est la raison pour laquelle nous avons besoin d'éthique en médecine car elle permet l'articulation entre les progrès des sciences du vivant et du mort et la protection des droits fondamentaux des citoyens; la finalité étant de rendre la greffe acceptable d'un point de vue moral. C'est en conclusion l'humanisation de cette pratique qui a permis aussi de sauver des vies. 

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